Confessions d’une accro au steak et au poulet devenue ... végétarienne

by - juin 06, 2017


Il y a encore 18 mois, j’avais l'impression que le végétarisme ou le véganisme étaient :
1/ un énième régime alimentaire à la mode ;
2/ un truc de bobo ; 
3/ une voie sur laquelle je ne m'engagerais jamais.
J'étais emprunte de certitudes, mais également de préjugés envers les VG.
Pourtant, c'est en discutant avec un collègue crudivore de la différence, du rapport à l’autre, du sentiment d'exclusion, des préjugés …. que je me suis pour la première fois inconsciemment remise en question.
Deux semaines plus tard, j'ai commencé à me documenter :
- quelle est la différence entre le fait d'être végétarien, végétalien, vegan?
- comment et pourquoi devient-on végétarien, végétalien, vegan?
- quelles sont les conséquences possibles sur la santé ?
J'ai regardé Le discours le plusimportant de votre vie de Gary Yourofsky, The cowspiracy sur You Tube. J'ai également lu et écouté des témoignages de personnes ayant décidé de ne plus consommer de chaire animale. Certains étaient résolument optimistes, d'autres contrastés ou carrément négatifs. 
Le soir du 12 mai 2016,  j’ai décidé que je ne voulais pas, que je ne voulais PLUS participer à tout cela. « Cela » c’est l’exploitation des animaux, les mauvais traitements durant leur élevage et à l’abattoir. Cela c’est aussi les risques pour ma santé, les risques pour la planète. C’est un choix avant tout éthique pour notre avenir, mais également empreint de compassion envers l’espèce animale.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point

Le 13 mai 2016, sans trop savoir dans quoi je me lançais, du jour au lendemain, sans même essayer de réduire ma consommation par paliers, je cessais de manger de la viande, du poisson, des crustacés.
Pour la viande, cela n’a pas été compliqué, j’en mangeais déjà très peu. Le lait en bouteille : j’ai toujours détesté, ceci depuis l’enfance. Les yaourts ? J’ai troqué mes pots de yaourts à la grecque contre des yaourts au soja BIO, ces yaourts qui me paraissaient auparavant dégueu dans les rayons des supermarchés. Le fromage ? Dur dur de ne pas généreusement saupoudrer mes pates de gruyère, mais dans l’ensemble j’ai tenu bon, notamment grâce parmesan vegan à base de levure de bière, de gomasio, et de cajou et au fromage vegan italien à base de riz, mais il y avait un manque.
Quant aux œufs, ce fut mon grand échec!
Au final, les alternatives végétales aux fromages et aux œufs ne m’ont pas convaincues.
J'ai voulu aller trop vite en devenant tout de suite vegan.
Je pense - avec le recul - que j'aurais dû procéder par étapes.
Il y a quelques mois, je me suis remise à consommer des œufs et un peu de fromage.
Je n'ai pas pour objectif immédiat de devenir végétalienne, voire vegan, mais c'est un horizon que me parait accessible, avec le temps.
  
Ma révolution intérieure

Je vais passer rapidement sur le fait que je cuisine énormément, que j'ai redécouvert un certain nombre d'aliments, de types de cuisson, d'assaisonnements, car cela n'est pas le plus intéressant!

J'ai changé, ou plutôt, je SUIS, enfin, à 31 ans.
Je suis devenue MOI. J'ai arrêté de pensé en "fille de", "sœur de", "amie de".
J'EXISTE. 
Lorsque l'on ne fréquente pas 100% de VG, que l'on n'évolue pas dans un milieu dans lequel il paraît normal de consommer du BIO, du local, de réduire sa consommation de viande, cela ne va pas de soi.

Au début, en bonne timide que je suis, j'avais peur de me faire remarquer, j'avais honte de me différencier. Avec le temps, j’ai appris à affirmer mes choix.

Ce parcours est loin d’être rose tous les jours, il est par moments semé d’embuches, il ne faut pas se le cacher... Il faut apprendre à ne plus se laisser déstabiliser par les remarques parfois blessantes.
Lorsqu’il s’agit de remarques d’inconnus ou de personnes que l’on ne côtoie que très superficiellement, on est au pire très énervé. En revanche, si ces remarques viennent de proches, de personnes que l’on estime, que l’on aime, c’est douloureux. On aimerait pouvoir les convaincre, mais chacun est libre de mener sa vie comme il l’entend. Je respecte tous ceux qui font le choix d’être omnivore. J’attends en retour que l’on respecte mon choix d’être végétarienne.

Le végétarisme m'a donc donné la force de me battre pour mes convictions, de résister, de m'affirmer, de défendre mes valeurs, la vision du monde à laquelle je crois !

Transcender le clivage « vegan, végétarien, végétalien »

J'ai consommé deux ou trois reprises de la viande ou du poisson durant cette année.
Je pourrais essayer de me trouver des excuses : je n'avais pas le choix, c'était pour faire plaisir... En réalité, j'ai fait un CHOIX : j'assume.
Cela ne fait pas de moi une omnivore. Je suis végétarienne. Pas parce que j'ai envie que l'on me colle cette étiquette, mais parce que je le suis. C'est ma conviction qui l'emporte sur tout. Le fait d'avoir mangé cette viande ou ce poisson ne changera rien, n'en déplaise à certains. 
Pourtant, j'ai culpabilisé. J'ai culpabilisé lorsque j'ai mangé cette chaire animale, j'ai culpabilisé lorsque j'ai remangé des œufs. Je me suis sentie le besoin de m'auto-justifier.
Pourquoi? Parce que dans ce monde où l'on parle de compassion à tout bout de champs, de bienveillance, j'ai découvert une certaine absence de tolérance, des mesquineries, de la violence dans certains propos, du jugement, de l’ostracisme à l’égard des omnivores, de ceux qui décident de revenir sur leur choix et de ne plus être végétariens ou vegan.
Cela m’a déçuemais je ne prendrai que le bon dans ce végétarisme. Je ne prendrai pas le sectarisme, la négativité de tous ceux qui critiquent.
Que l'on arrête de consommer des produits issus des animaux, de la chaire animale, que l'on essaye tout simplement de réduire sa consommation animale, on fait le bien sur la terre, car on essaye tout simplement d'aider la planète à aller mieux.

C'est l'essentiel.

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